Siyyíd ‘Ali-Muhammad – Le Bab – est né le 20 octobre 1819 à Chiraz

Dans le monde musulman chiite, l’école Shaykhíe, de tradition soufie fondée par Shaykh Ahmad-i-Ahsá’í (1753-1826) faisait partie de ces mouvements à caractère millénariste. Après sa mort, son élève et successeur désigné Siyyid Kázim -i- Rashtí (1793-1843) continua son œuvre, envoyant ses disciples à la recherche du Promis.

Partie supérieure de la maison où le Bab déclara sa mission

 

C’est à Chiraz, en Iran, le soir du 22 mai 1844, que l’un d’entre eux, Mullah Hossein, rencontre un jeune marchand, qui lui offre l’hospitalité pour la nuit. Lors d’une veillée prolongée, Siyyíd ‘Ali-Muhammad va révéler à son visiteur qu’il est celui qu’il recherche, le Qa’im promis par l’Islam, « Celui qui se lèvera ».

Siyyíd ‘Ali-Muhammad possédait dès l’enfance une sagesse et une finesse surprenantes. A l’âge adulte, il rejoignit son oncle dans le négoce familial. Son intégrité et sa piété lui valurent l’estime des autres marchands avec lesquels il entrait en contact. Il était connu également pour sa générosité envers les pauvres.

 

 

 ’Dieu m’en rend témoignage, je n’étais pas un homme de sciences, car j’ai été éduqué comme un marchand’.

 

Celui qui allait prendre le titre de « Báb« , mot qui signifie, en arabe, « Porte », fonda une religion distincte et indépendante. Connue sous le nom de foi bábíe, cette religion donna naissance à une nouvelle communauté, eut ses propres textes. Le Báb annonça que le Jour de Dieu était arrivé. Il était lui-même le Promis des textes saints islamiques, et l’humanité était au seuil d’une ère nouvelle qui verrait tous les aspects de la vie se restructurer.

Le thème central du principal ouvrage révélé par le Báb, le Bayán, est la venue prochaine d’un deuxième messager de Dieu qui serait beaucoup plus grand encore et dont la mission serait d’annoncer l’ère de paix et de prospérité promise depuis si longtemps par l’Islam et toutes les autres religions.

Tombeau du Bab à Haifa


Le Bayán abrogeait par ailleurs certaines lois islamiques, qu’il remplaçait par de nouvelles, et insistait sur les valeurs morales et surtout sur la pureté de cœur et d’intention. Le rang des femmes y était rehaussé et la dignité rendue aux pauvres. Enfin, l’éducation et les sciences utiles à l’humanité y étaient encouragées et valorisées.

Après la déclaration de sa mission, le Báb fut très vite entouré d’adeptes et le nouveau mouvement religieux se répandit en Iran comme une traînée de poudre.
Ce succès et l’audace du message proclamé, suscitèrent hostilités et persécutions – notamment des autorités religieuses qui voyaient là leur pouvoir et leur prestige menacés.
Les historiens estiment à environ 20 000 le nombre des victimes de ces persécutions.
Le Báb fut lui-même à plusieurs reprises emprisonné, puis condamné à mort.


Le 9 juillet 1850, cette condamnation à mort fut exécutée dans la cour de la caserne de Tabriz.

A certains égards, on peut comparer le rôle du Báb à celui de saint Jean Baptiste dans l’avènement du Christianisme. La mission du Báb était de préparer la venue de Bahá’u’lláh. C’est pourquoi la fondation de la religion babie et son objectif ont été accomplis en 1863, lorsque Bahá’u’lláh proclama qu’il était celui dont le Báb avait annoncé la venue.