Les Baha’is de Chambéry

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9 avril 2014
Baha’i Chambéry

Cadeau d’un dignitaire religieux à la communauté baha’ie d’Iran

Un ecclésiastique musulman éminent en Iran, l’ayatollah Abdol-Hamid Masoumi-Tehrani, offre aux bahá’ís du monde un paragraphe calligraphié et enluminé des écrits de Bahá’u’lláh, le prophète fondateur de la foi bahá’íe.

L’ayatollah Abdol-Hamid Masoumi-Tehrani peaufinant une œuvre de calligraphie enluminée. Les mots utilisés dans cette œuvre sont tirés des écrits de Bahá’u’lláh.

La calligraphie enluminée contenant les mots de Bahá’u’lláh.

L’ayatollah Tehrani déclare sur son site web qu’il a préparé la calligraphie du verset comme une action symbolique afin de rappeler l’importance de la valeur des êtres humains, de la coexistence pacifique, de la coopération et du soutien mutuel ainsi que du rejet de la haine, de l’inimitié et des préjudices religieux aveugles.

L’ayatollah Tehrani offre ce présent raffiné aux bahá’ís du monde, en particulier aux bahá’ís d’Iran qui, selon lui, « ont souffert de multiples façons à cause de préjudices religieux aveugles ». Il déclare également que cet acte est « une expression de compassion et d’empathie de ma part et de la part de tous mes concitoyens exempts de préjugés ».

L’espoir de l’ayatollah Tehrani est que ce cadeau « servira de rappel de la riche et ancienne tradition iranienne d’amitié et de sa culture de la coexistence ». Ce geste s’inscrit dans la lignée de plusieurs déclarations récentes faites par des intellectuels religieux du monde musulman qui ont proposé des interprétations alternatives des enseignements de l’islam dans lesquelles la tolérance de toutes les religions est, en fait, inscrite dans le saint Coran.

En réponse, Mme Dugal, la représentante principale de la Communauté internationale bahá’íe aux Nations unies, déclare que « les bahá’ís sont profondément touchés par ce geste de grande noblesse et par les sentiments de tolérance religieuse et de respect pour la dignité humaine qui l’ont motivé ».

Cette œuvre d’art artisanal de très haute qualité représente en son centre un symbole connu des bahá’ís comme « Le Plus Grand Nom » ˗ une représentation calligraphiée de la relation conceptuelle entre Dieu, ses prophètes et le monde de la création.

La pièce centrale montrant le symbole connu des bahá’ís comme « Le Plus Grand Nom ».

La citation que l’ayatollah Tehrani a choisi est tirée du Kitab-i-Aqdas – le Livre le plus Saint, de Bahá’u’lláh qui affirme : « Fréquentez toutes les religions dans l’amitié et la concorde, afin qu’elles puissent respirer sur vous les doux parfums de Dieu. Veillez à ce que, parmi les hommes, la flamme de l’ignorance stupide ne vous domine. Toutes les choses procèdent de Dieu et retournent à Lui. Il est la Source de toutes choses et, en lui, toutes choses finissent. »

Les autres œuvres de l’ayatollah Tehrani comprennent des enluminures du Coran, de la Torah, des Psaumes, du Nouveau Testament et du Livre d’Ezra. Ses enluminures des Psaumes se trouvent actuellement à la bibliothèque du Congrès des États-Unis.

« Cette action courageuse d’un haut dignitaire musulman dans l’Iran contemporain est sans précédent, précise Mme Sophie Ménard, porte-parole des bahá’ís de France. C’est remarquable à la lumière de la persécution continue et systématique de la communauté baha’ie par le gouvernement islamique dans ce pays »

Précédemment, l’ayatollah Tehrani a fait preuve d’un grand courage en exprimant en public ses inquiétudes à propos de la persécution continue et grave des minorités religieuses, dont les bahá’ís d’Iran.

Depuis la Révolution islamique de 1979, des centaines de bahá’ís ont été tués et des milliers ont été emprisonnés. Il y a actuellement 115 bahá’ís en prison uniquement sur la base de leurs convictions religieuses.
Les bahá’ís en Iran se voient refuser tout accès à l’enseignement supérieur, ils sont empêchés de gagner leur vie et d’enterrer leurs morts selon leurs propres rites funéraires et leurs cimetières font l’objet de démolition, de profanation et d’expropriation, tout cela à cause de leur religion.